Monitrice, médiatrice équine, coach, ... quelles frontières ?
- espinassefany
- 15 mai
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 16 mai

A l'origine, je suis simplement cavalière.
Je suis allée au poney club, parcours classique, shetland, "double poney", grands chevaux.
J'usais mes pantalons sur des selles en mauvais état, je mangeais le sable du manège quand mon moniteur me demandait de faire équipe avec un cheval qui n'adhérait pas vraiment au projet pédagogique du club, bref ... une cavalière parmi tant d'autres, ni particulièrement douée ni désespérément nulle.
Comme tellement d'autres jeunes filles passionnées, j'ai décidé d'en faire mon métier. A l'époque je ne savais pas expliquer pourquoi, mais l'appel était là, fort, puissant. C'est d'ailleurs la première fois que j'ai vraiment osé tenir tête à mes parents. Non, pas de grandes études. Non pas de sécurité de l'emploi. Juste du poney, je ne voulais rien faire d'autre. Ils m'aimaient fort, ils m'ont laissé faire.
J'ai commencé par l'ATE, le diplôme qui permet de guider les balades à cheval. Je ne me sentais pas légitime à enseigner, même si j'avais énormément de connaissances à partager, alors j'ai d'abord arpenté les chemins de rando avec des clients plus ou moins a l'aise a cheval.
Et puis, après des années, je me suis sentie prête, j'ai passé le monitorat.
Fiches péda, programme des galops, j'étais une enseignante appliquée, avec une facilité naturelle à adapter mon discours et mes exercices à mes élèves.
Au fil des années, alors que je me formais en équitation comportementale mais aussi en développement personnel, j'ai osé commencé à sortir du cadre. A parler congruence, énergie, intention. Tout en enseignant les épaules en dedans et les départs au galop, parce que la technique c'est aussi une école de vie.
J'ai accompagné des centaines d'enfants, et pris conscience de la chance que j'avais de pouvoir les aider à grandir.
J'ai intégré dans mes cours d'équitation la gestion des émotions, la communication non violente, l'écoute de l'autre, et appris de chaque élève que j'ai eu la chance de rencontrer. J'ai proposé des cours exclusivement à pied, pour aider les cavaliers à trouver le bon angle d'approche avec leur cheval. Ou avec eux mêmes, je ne savais plus trop.
Et un jour, sans vraiment m'en rendre compte, mes cours particuliers sont devenus des médiations.
Sans l'avoir cherché, je me suis retrouvée au milieu de ma carrière avec des femmes en burn out que j'ai aidé à se relever, avec des malades en traitement lourd qui venaient chercher auprès de mes chevaux une bouffée d'oxygène, ou avec des ados un peu perdus qui tout a coup se surprenaient à verbaliser des situations familiales que personne n'avaient encore perçues.
L'équitation était devenue un moyen, ce n'était plus un but. Et j'ai compris que c'est ça qui m'avait appelé depuis le début : l'appel des chevaux en tant que compagnons de route sur un chemin de croissance personnelle.
Pas mal d'heures de formation complémentaires plus tard, et avec tout mon bagage et mes casseroles personnelles, je ne me contente plus d'aider les gens avec leurs chevaux. Je peux les aider tout court.
Alors aujourd'hui j'enseigne toujours les épaules en dedans et les départs au galop.
Mais je veux aussi accompagner avec les chevaux tous ceux et celles qui ne montent pas, qui ne savent peut être même pas encore jusqu'où les chevaux peuvent les emmener : au coeur d'eux mêmes.

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